Une autre icône

Le monde qui s’amuse Pop
Résolument Pop
Légèrement Pop
Une icône à explosion

Le monde qui s’amuse Pop
Résolument Pop
Légèrement Pop
Une icône à explosion

C’était il y peu, et pourtant…
On pouvait marcher, conduire, manifester, admirer, aimer, s’énerver, regarder, voir l’histoire…
… on pouvait traverser la Seine, on se promenait, passait de Montparnasse à Montmartre, tout naturellement, marchant, flânant, se pressant
On photographiait rue du Temple et développait rue Delambre, dans les pas et rues de nos ainés
De jour, de nuit
C’était il y a peu

Une Créature…
Directement sortie de la cuisse de l’Univers.
Du cinéma, du vrai, du théâtre, retour à Versailles.

Le grand salon du Grand Hotel, rue de la Paix, plus beau qu’au Monopoly.
Molière sans texte, des couronnes, doubles ailes, la cour, ça frémit, on se presse, tout brille.
Les créatures de Vivienne Westwood.
Paris 2000.
Tirage d’époque, grains d’argents solarisés, une fois et pour toute, l’école surréaliste, ma famille photosensible.
Le Jean-Marc râlant, pestant, en short et tongs dans les vapeurs de révélateurs, comprenne qui pourra, certains le peuvent, les modèles, quelques jours avant, hésitantes devant le miroir, une déformation pour la beauté, comprenne encore, mais qui verra cette fois-ci, j’ai tenu bon, et cela tient toujours.

De la beauté en grains d’argents, révélation ardente.
Paris 1998. Studio Sunset. Solarisation Jean-Marc Férré. 50×70 sur papier baryté, tirage unique.
Mise à feu, 21ème siècle aux Beaux-Arts, La Pompadour ou l’Autrichienne, ou la Kelly, des jeunes femmes, du mélodrame, du cinéma, du travail, du velours, des pages tournées, regardées, apprises, de l’histoire, des racines, Versailles et Hollywood, les miroirs, la projection, la lumière, Dior, Galiano, de la photographie, des histoires, de la pellicule, des arabesques, des pixels, une réflexion pour finir.




Dior, du Galianno et Chapoullié.
Paris 2001.

Barbarella, Jasmine, Milano, Moda, Antonionni, David Bayley, une pochette surprise, Franquin, HMI, cratère ou mieux caldera de couleurs déchirées, tous ces mots sont dans cette icône bondissante.

Evidemment on devrait parler de sublimation de la critique de la posture consumériste, en tant qu’elle est constitutive de l’achèvement de la forme revendicatrice, irriguant la contestation de l’art (!), mais bon, il manque le petit tas de briques inspirées à côté, et à dire la vérité, je préfère y voir la marque de Spirou.

Milano 1990.
Paris 1999
( 120 x 90 )
Belle, Grande Rouge, anamorphose, décollage, allumage, alunissage, installation éphémère, préfigurant l’ADN des circuits imprimés, à l’orée des années 90.

Un bivouac de cartons colorés, toile d’araignées de nylon, fils tendus du plafond au plancher du Sunset, maintenant disparu, soleils de tungstène; on ne savait pas qu’on faisait oeuvre d’installations, je ne savais pas que je mettais en place, par exemple un dispositif de contact avec le réel révélé, comme on marketerait maintenant.

Une passerelle du surréalisme à la digitalisation, devançant les bits, circuits, logiciels, ça oui, c’était pressenti.
C’était juste beau, et éphémère.
Et comme en ethnographie, les images restent, ce qui était bien la finalité.
Belle, Grande Rouge, anamorphose, décollage, allumage, alunissage, installation éphémère, préfigurant l’ADN des circuits imprimés, à l’orée des années 90.

Un bivouac de cartons colorés, toile d’araignées de nylon, fils tendus du plafond au plancher du Sunset, maintenant disparu, soleils de tungstène; on ne savait pas qu’on faisait oeuvre d’installations, je ne savais pas que je mettais en place, par exemple un dispositif de contact avec le réel révélé, comme on marketerait maintenant.

Une passerelle du surréalisme à la digitalisation, devançant les bits, circuits, logiciels, ça oui, c’était pressenti.
C’était juste beau, et éphémère.
Et comme en ethnographie, les images restent, ce qui était bien la finalité.
L’an 2000.
A l’école des Beaux-Arts, la bien-nommée, Paris, les défilés Haute-Couture.
Coulisses plus que backstage, théâtre bien plus que show, chez Christian Lacroix flotte toujours cette étrange et entêtante atmosphère de cour royale décalée et radieuse. On a le sentiment qu’il ne cherche jamais à plaire aux pages des magazines mais bien de s’inviter dans nos songes. Les filles qui vont défiler en deviennent timides et ondoyantes, étonnées, au premier bal, en se découvrant ainsi.

On se sent toujours intimidé à s’immiscer dans ces rituels éphémères, un peu déplacé, mais finalement précieux, car quelques instants après, tout sera effacé, coiffures, maquillages, excitations, transe, rêveries, attente, passion, ravissement…. reste les images.

Chez Jean-Paul Gaultier, comme d’habitude, tout est fin et cultivé, aigu et lettré, vif.
C’est un érudit, un chasseur de signes, un chansonnier du vêtement, de la dégaine.
Défilés Haute couture, l’an 2000. Pour Libération.

Belle, sein, machine, mécanisme, belle, retrouvée, Marseille 1990, Genève 1996, Paris 2011.