Le Solitaire de l’Umfolozi

A la recherche des éléphants sur la piste de l’Umfolozi, il ne faut pas sortir de la voiture, jamais. Mais comment résister et comment ne pas s’approcher dans  les fourrés pour lui tirer le portrait avec un vieux Polaroïd 195 à soufflet ? Un vrai portrait au 40mm.

Alors je l’ai fait, quitter la voiture et la piste, même de quelques mètres c’est très imprudent, et j’ai eu de la chance.

Après s’être laissé photographié, je rembarque tout excité tout seul dans la savane avec mes deux négatifs frais dans la poche et à ce moment là il décide de me donner une leçon. Sans me laisser le temps de faire demi-tour, il me rejoint sur la piste, se met face à la voiture, frappe le sol de ses pattes de devant, secoue les oreilles. Je comprends le message, pas le temps de faire demi-tour, je fonce en marche arrière, il se met en branle et me galope droit dessus; la voiture zigzague, je la contrôle à peine, le son aigu caractéristique de la marche arrière à pleine force, il se rapproche, je commence à me dire que cette fois-ci ma Bonne Fée m’a abandonnée, je m’imagine le pire, la tôle froissée, voiture renversée, et moi… et puis,  il ralentit, satisfait sans doute d’avoir chassé ce petit gêneur qui a dérangé son déjeuner et subitement s’engouffre à droite, dans la savane.

    Ai-je compris la leçon, me connaissant…?  En tout cas il m’a offert un beau portrait. Merci Grand Solitaire.