Denis Chapoullié

Rue Denis Chapoullié by the way

Tag: Route

La Nuit de l’Orénoque

Tout parait calme, incendie d’étoiles

La Nuit de L'Orénoque

éternel, éloigné, sans fin, sans crainte

soudain déchiré

 les singes hurleurs, leurs vociférations glaçantes

et puis oubliées

Venezuela 2015.

Le livre qui ne voulait pas s’effacer

Elles rentrent de l’école.

Elles rentrent de l'école

Un courant d’air qui chuchote. Un souffle de pigments. L’été est partout.

Rien ne s’arrêtera.

 Tamil Nadu. India. 2013.

Sur la route de Nelson, toujours…

Sur le gazon d’une avenue du quartier emmuré de Sandton, Johannesburg.

Johannesburg Sandton

2000. Sandton.

Autant en emporte le temps… ou n’emporte que si peu de choses…

Autant en emporte le temps_

Port St Johns. 1999.

Sur le tracteur de la Démocratie, du côté de Queenstown, Eastern Cape.

I love him

 South Africa 1998

La Mère des Rickshaws

Certes, il est probable que les rickshaws ne se déclinent pas au féminin, mais qui sait….

Rickshaws

Pétaradants, fumants, résistants, se faufilant, narguant les camions crachant leur gasoil, grimpant toutes les montagnes, transbahutant des flopées d’enfants à l’école, jamais en retard, n’obéissant qu’aux feux tricolores, ne graignant aucunes éraflures, proclamant leurs foi de toutes sortes, les rickshaws sont Rois. Ou Reines, who knows ?

 Et souvent rouge.

Sri Lanka 2011. Avec Thierry Wasser pour Guerlain.

 

On the road encore

On the road toujours

Back to Tamil Nadu, Kerala, Chennaï, Coimbatore, Maduraï….

A fond, toujours à fond, à donf et gare à tes miches.

 1-IND4539©Chapoullié

Fermer les yeux au moment ou le camion d’en face vous fonce dessus et qu’il ne reste plus qu’une ou deux secondes avant que les chauffeurs ne se rabattent, le plus gros étant le plus confiant.

 Image

Ou alors se rappeler que par bonheur il y a de nombreuses divinités protectrices par ici, et que même les fleurs protégeant  les carcasses d’acier des bus et des camions, parviennent, … le plus souvent, à veiller sur nous autres, passagers.

 Image

1000 et une pages. Avec Thierry Wasser pour Guerlain. Inde 2012.

8. Allo le monde, résistons.

Barrydale, Little Karoo.

Je pointe au hasard des étapes sur la carte. Des petits bourgs aux noms presque encore des prénoms, Barrydale, Ladismith, ou qui parlent d’eau, Matjesrivier, Warmwaterberg…
Les routes passent des cols âpres, parfois vertigineux, et déboulent sur des plaines immenses, bordées de montagnes bleues.
Ces paysages sont violents, puissants. On s’y sent fragile, en même temps relié à la terre.

Image

Je ressens mieux comment toutes ces communautés, toutes venues d’ailleurs puisque les seuls natifs ont été balayés dès les premiers temps de la colonisation, ont pu s’y sentir si vulnérables et pourtant inexorablement attachées. Ici, tout le monde est venu d’ailleurs, et pourtant on éprouve la sensation d’une peinture millénaire.
J’ai retrouvé ces émotions en lisant Mandela, qui raconte avoir traversé seul en voiture, clandestinement, le pays de Soweto au Cap, et d’avoir ressenti l’exaltation de l’appartenance à cette terre, à sa puissance et à sa beauté, en osmose avec elle. Inévitablement, en danger, seul au volant d’une voiture, noir, il savait que dans peu de temps, il risquait fort d’être interdit de cette contemplation . Même passion chez les auteurs Afrikanners, comme Brink, Breytenbach…, qui dans leurs récits donnent à cette terre une essence quasi spirituelle. La racine de leur histoire. Pourtant elle aussi venue d’ailleurs.

Image

Entre les montagnes bleues, les immenses vergers, abricotiers, pêcher, prunier, gagnés sur les plaines arides du bush. De grandes propriétés, imposantes comme des latifundias sud-américaine, sur lesquelles vivent fréquemment les ouvriers agricoles dans des villages de petites maison d’adobe, qui le plus souvent appartiennent encore au propriétaire terrien.
On y nait, on y travaille. On y vit. Difficile de réorganiser sans rien casser, l’héritage d’un tel passé.

Dans ce petit bourg, ces femmes rencontrées qui m’offrent ce regard de défi, comme pour me dire qu’elle savent ce que je suis venu chercher, de très loin, aussi ce regard de résistance. Elles ont sans doute long à raconter. On se dit les choses en silence. Je les appelle les Guerrières, elles me font penser à des Navajos.Image

Dans la même rue, principale, main street, cette famille qui vit juste en face de l’épicerie.

Les temps sont si déréglés pour eux en ce moment qu’il leur est moins inquiètant de se brancher sur le monde que de traverser la rue. Une autre forme de résistance. Sortir, ou plutôt l’idée de sortir, dans leur propre rue leur parait maintenant bien trop hasardeux. Alors bien sur ils profitent aussi du passage d’un voyageur comme moi, chaleureusement accueilli dans leur bed&breakfast , pour se raconter. Se justifier souvent.

8. Allo le monde, résistons.

Barrydale, Little Karoo.

Je pointe au hasard des étapes sur la carte. Des petits bourgs aux noms presque encore des prénoms, Barrydale, Ladismith, ou qui parlent d’eau, Matjesrivier, Warmwaterberg…
Les routes passent des cols âpres, parfois vertigineux, et déboulent sur des plaines immenses, bordées de montagnes bleues.
Ces paysages sont violents, puissants. On s’y sent fragile, en même temps relié à la terre.

Image

Je ressens mieux comment toutes ces communautés, toutes venues d’ailleurs puisque les seuls natifs ont été balayés dès les premiers temps de la colonisation, ont pu s’y sentir si vulnérables et pourtant inexorablement attachées. Ici, tout le monde est venu d’ailleurs, et pourtant on éprouve la sensation d’une peinture millénaire.
J’ai retrouvé ces émotions en lisant Mandela, qui raconte avoir traversé seul en voiture, clandestinement, le pays de Soweto au Cap, et d’avoir ressenti l’exaltation de l’appartenance à cette terre, à sa puissance et à sa beauté, en osmose avec elle. Inévitablement, en danger, seul au volant d’une voiture, noir, il savait que dans peu de temps, il risquait fort d’être interdit de cette contemplation . Même passion chez les auteurs Afrikanners, comme Brink, Breytenbach…, qui dans leurs récits donnent à cette terre une essence quasi spirituelle. La racine de leur histoire. Pourtant elle aussi venue d’ailleurs.

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Entre les montagnes bleues, les immenses vergers, abricotiers, pêcher, prunier, gagnés sur les plaines arides du bush. De grandes propriétés, imposantes comme des latifundias sud-américaine, sur lesquelles vivent fréquemment les ouvriers agricoles dans des villages de petites maison d’adobe, qui le plus souvent appartiennent encore au propriétaire terrien.
On y nait, on y travaille. On y vit. Difficile de réorganiser sans rien casser, l’héritage d’un tel passé.

Dans ce petit bourg, ces femmes rencontrées qui m’offrent ce regard de défi, comme pour me dire qu’elle savent ce que je suis venu chercher, de très loin, aussi ce regard de résistance. Elles ont sans doute long à raconter. On se dit les choses en silence. Je les appelle les Guerrières, elles me font penser à des Navajos.Image

Dans la même rue, principale, main street, cette famille qui vit juste en face de l’épicerie.

Les temps sont si déréglés pour eux en ce moment qu’il leur est moins inquiètant de se brancher sur le monde que de traverser la rue. Une autre forme de résistance. Sortir, ou plutôt l’idée de sortir, dans leur propre rue leur parait maintenant bien trop hasardeux. Alors bien sur ils profitent aussi du passage d’un voyageur comme moi, chaleureusement accueilli dans leur bed&breakfast , pour se raconter. Se justifier souvent.